Un salarié passe plus de 35 heures par semaine en entreprise. Il est à son poste de travail pendant au moins 8 heures par jour. La préservation de la sécurité et de la santé de tous les travailleurs est une nécessité pour l’entreprise et une obligation pour le dirigeant.

Trop de négligence a lieu sur ce sujet. Certaines entreprises profitent de leur résultat pour investir dans des machines, des services ou des nouvelles technologies afin d’augmenter la productivité. Elles oublient régulièrement l’essentiel à savoir l’investissement dans la protection collective de tous les équipements afin de minimiser les accidents graves dans les ateliers.

Les conséquences sont graves. Des accidents ont lieux. Des désorganisations se créent dans les services et des risques sociaux peuvent se manifester. Il est du rôle du dirigeant d’accompagner les responsables de services dans l’évaluation des risques afin d’anticiper toutes les causes accidentogènes qui peuvent nuire au bon déroulement de l’activité de l’entreprise.

Je vous propose une liste simple pour permettre à l’ensemble des managers d’être le plus efficace pour diagnostiquer les risques en matière de sécurité, d’accident de travail et d’éviter les non-conformités en matière réglementaire.

Ce diagnostic serait à réaliser au moins deux fois par an pour les entreprises industrielles et une fois par an pour les entreprises de services ou les organismes de formation (minimum légal).

Dans l’analyse et le diagnostic, tout doit être épluché. Du respect du registre de sécurité à l’évaluation des risques sur le terrain, toutes les vérifications seront primordiales pour permettre à l’entreprise de s’assurer que la santé et la sécurité de tous les travailleurs soient préservée.  Je vous liste

1- La périodicité des vérifications des machines et des équipements

L’analyse de la conformité des machines et des équipements doit être réalisé régulièrement. La vérification des machines s’effectue par des organismes spécialisés. Ces organismes vont faire une analyse approfondie des équipements et transmettre un rapport de diagnostic permettant le cas échéant de réaliser des réparations ou des entretiens. La première règle va être de vérifier les rapports de visite et les dates de passage. Le tampon fait foi.

2- La tenue du registre de sécurité

Le registre de sécurité est un classeur qui regroupe les documents obligatoires de l’entreprise en matière de sécurité. L’employeur doit s’assurer de la tenue et de la mise à jour régulière des documents inclus dans le registre de sécurité. Il est important de s’assurer d’être le plus précis en matière de surveillance et d’analyse des attestations de conformités mais aussi de vérifier que les consignes et que les procédures qui existent dans l’entreprise en matière de sécurité soient efficace. Enfin, le registre va également classer la liste des attestations de formations de l’ensemble des travailleurs.

Ma petite astuce : attention à ne pas confondre dossier du salarié et attestation de formations. Le registre doit comporter un tableau simple pour vérifier les dates et les prochains rendez-vous. Les preuves peuvent être classer dans le dossier du salarié.

Cette seconde règle va déterminer si l’entreprise maîtrise les enjeux majeurs de la politique sécurité.

3- La gestion des équipements de protection individuels

Lorsque l’employeur est dans l’incapacité de protéger un salarié via les protections collectives, il doit fournir des équipements de protection individuels adaptés à chaque poste de travail. L’analyse et la vérification des EPI doivent permettre à l’entreprise de s’assurer que le salarié et bel et bien protégé et de s’assurer que l’entreprise gère convenablement les stocks et les consignes adaptés à chaque équipement. Un livret d’équipement est fortement conseillé afin de récapituler tous les équipements utilisés dans l’entreprise et de simplifier la recherche en annotant le numéro de série et le fabricant (tel un catalogue).

Cette troisième règle croise les prérogatives du registre de sécurité avec la gestion des EPI dans l’entreprise.

Pour aller plus loin !

4- La mise à jour du D.U.E.R

Un Document Unique d’Evaluation des Risques est obligatoire en entreprise. Il permet de lister tous les risques en matière de danger par poste, par fonction et par machine et de réaliser une cotation permettant de connaître la criticité du danger. Plus un danger est important, plus la criticité sera élevée. On mesure la criticité en respectant une règle simple basée sur trois indicateurs.

  • La fréquence d’exposition : l’analyse de l’exposition du salarié aux risques
  • La gravité du risque : les lésions possibles du salarié
  • La maîtrise des dangers : les protections mises en place sont déduites de la criticité.

Chaque entreprise doit valider son critère de calcul par le dirigeant et de mettre en place un seuil permettant de déclencher des actions correctives et préventives.  Le suivi des actions sera déterminant pour contribuer à l’amélioration continue.

Pour aller plus loin !

5- L’interrogation des salariés sur leur bien-être au travail

Connaître le niveau de motivation des salariés est important pour évaluer les risques potentiels de baisse de productivité mais aussi d’évaluer les risques en matière de santé et de sécurité des travailleurs. Un simple questionnaire suffit avec des interrogations banales. Utilisez le site Webquest.fr pour créer le questionnaire et le rendre anonyme. Si le moral est au plus bas, c’est le rôle du manager d’instaurer de la motivation et de l’énergie pour rassembler à nouveau les troupes. Cette motivation rentre dans la Qualité de Vie au Travail et il est prouvé que des salariés motivés, c’est un gage d’efficacité en matière de productivité et en matière de minimisation d’accident.

6- La connaissance des budgets alloués à la santé et la sécurité des travailleurs

Quel est le budget de l’entreprise alloué à la sécurité des travailleurs ? Quel est le prévisionnel d’investissement en matière d’équipement, de machines et d’outils pour la protection des salariés ? Le diagnostic doit permettre de savoir si le dirigeant a bien pris en compte un budget pour s’assurer de l’amélioration en matière de protection des salariés. On retrouve :

  • Besoins en ressources humaines : le personnel, les Hommes, le facteur travail
  • Besoins en matériels : outils de travail,
  • Besoins en équipements : les machines, les protections individuelles et collectives
  • Besoins en formation : formation présente en entreprise
  • Besoins en signalisation et communication : campagne de communication interne

Les chiffres sont une chose mais les actes en sont une autres. Rapprochez-vous des ressources humaines ou des managers pour connaître le budget prévu en matière de sécurité et de santé des salariés.

7- Les évaluations en matière de communication et de signalisation axé sécurité

La communication est une garantie de prévention. Communiquer, c’est prévenir et prévenir, c’est préserver des risques. Il va être important de vérifier qu’il existe des outils en matière de communication. On peut parler de livret d’accueil, de signalisation, de panneaux d’affichage, d’écran, de brochure. Tous ces outils de communication doivent être diffusés dans les services ayant une forte criticité. Le traçage au sol et les panneaux de signalisation sont aussi des actions importantes. Ils permettent de protéger les salariés dans les entrepôts et de minimiser les risques d’accidents avec les engins industriels et les piétons.

Dans votre diagnostic, regardez s’il y a des campagnes publicitaires en matière de sécurité, si le traçage au sol est réalisé et s’il y a des panneaux de sensibilisation.

8- La maîtrise des produits chimiques ou dangereux

Dans cet item, le plus important va être de s’assurer qu’il existe des procédures pour manipuler les produits dangereux ou chimiques. Les procédures doivent être simples, concises et pertinentes. Elles doivent être mises à jour régulièrement et de s’assurer qu’elles soient bien maîtrisées par les salariés. C’est principalement le rôle du manager ou du QSE de vérifier la bonne pratique de ces procédures.

Vérifiez également les fiches de sécurité à l’entrée de chaque atelier nécessitant la manipulation des produits dangereux ou chimiques.

9- Les campagnes de sensibilisation en matière de gestes et postures

Les Troubles musculosquelettiques représentent un peu plus de 88 % des maladies professionnelles et plus de 50 % des causes d’accident de travail (source amélie.fr). Les campagnes de sensibilisation vont inciter les entreprises à favoriser la réduction des risques et les inciter à la prévention notamment en les inscrivant dans le programme tel que TMS PROS proposé par amélie.fr.

S’assurer que l’entreprise s’engage dans une démarche de prévention en matière de TMS est une garantie permettant de préserver les salariés de TMS. On peut parler d’échauffement musculaire avant la prise du poste de travail ou encore de rappeler les bons gestes et les bonnes postures dès lors qu’il y a de la manutention manuelle importante.

Petit conseil pour les managers : demandez à vos adjoints de réaliser des petites séances musicales à chaque prise de poste pour échauffer les salariés à base de musique et de stretching 😊 😊 😊

10- Interroger le référent santé-sécurité des travailleurs

Le référent SST n’est pas obligatoire dans les textes légaux mais il est fortement préconisé dans le cadre de la politique sécurité pour sensibiliser et accompagner les salariés dans l’entreprise. Un référent est un acteur qui maîtrise les bons gestes, qui appliquent les procédures et qui communiquent facilement. Ce référent doit être présent avec le manager lors des debriefs réguliers avec les équipes et de rappeler les bonnes règles pour éviter de déclencher des risques en matière de sécurité dans l’entreprise.

Le référent peut être considéré comme un parrain pour assurer aux mieux l’intégration des nouveaux salariés et intérimaires. Cette facilitation d’intégration permettra aux managers de vérifier que le nouveau salarié maîtrise les procédures, qu’il assure la productivité et qu’il se préserve de tous les risques en matière de santé, sécurité au travail.

Pour aller plus loin !

Réalisez un diagnostic sécurité, c’est éplucher au peigne fin toute la politique de l’entreprise en matière de sécurité. C’est également un moyen pour l’entreprise de faire appel à un indépendant et d’avoir un œil extérieur fortement utile pour le dirigeant. Le consultant va réaliser une synthèse rapide et efficace sur la situation des processus en matière de sécurité et de santé des salariés et préconiser des solutions pour contribuer à l’amélioration de l’entreprise.

« Parce que la santé n’a pas de prix, il est important de s’assurer que les entreprises ne négligent pas cet item déterminant ».